Depuis vingt ans, CDR MediaScan analyse l’un des leviers les plus déterminants de la réputation des sociétés de gestion : la perception qu’en ont les journalistes.
Initialement lancée en tant qu’étude comparative au Royaume-Uni et en Europe, l’initiative est devenue au fil des années un véritable baromètre des attentes des médias à l’égard des acteurs de l’asset management. Elle évalue la manière dont les journalistes perçoivent les sociétés de gestion, leurs dirigeants, leurs prises de parole et, plus largement, la valeur de leur marque. Pour son 20e anniversaire, l’étude s’ouvre pour la première fois à la région Asie-Pacifique (APAC), offrant un regard plus global sur l’évolution des relations entre médias et gestionnaires d’actifs.
Le principal enseignement ? Les fondements de la réputation restent les mêmes. En revanche, les façons de la construire et de la faire vivre ont profondément évolué.
En Europe, au Royaume-Uni comme dans la région Asie-Pacifique, les journalistes continuent d’identifier la performance des fonds et la qualité des équipes comme les premiers facteurs de crédibilité et de valeur d’une société de gestion. Mais les pratiques de communication ont considérablement changé. Il y a vingt ans, les prises de parole étaient essentiellement centrées sur les produits et leur distribution. Après la crise financière, le secteur s’est progressivement tourné vers le leadership d’opinion, l’analyse des marchés et la production de contenus à forte valeur ajoutée. Une stratégie qui a contribué à améliorer durablement la perception des journalistes.
Aujourd’hui, un nouveau changement de paradigme est à l’œuvre. Les tensions géopolitiques, les débats autour de l’ESG, la multiplication des canaux d’information et l’essor de l’intelligence artificielle ont renforcé la visibilité des sociétés de gestion. Mais cette exposition accrue s’accompagne d’une plus grande prudence dans la communication.
Les journalistes interrogés constatent ainsi une tendance croissante à la maîtrise du discours : accès plus limité aux dirigeants et aux porte-parole, recours accru aux réponses écrites et validation plus stricte des messages. Trouver le bon équilibre entre contrôle de la communication et accessibilité devient l’un des principaux défis du secteur.
L’élargissement de l’étude à l’Asie-Pacifique met également en lumière des différences culturelles importantes. En Europe, les journalistes accordent une attention particulière à la transparence, à la pédagogie et à la clarté des messages. Dans la région APAC, la visibilité des dirigeants, la taille de l’entreprise et sa réputation institutionnelle jouent un rôle plus déterminant dans la perception de la marque.
L’étude révèle également des approches différentes de l’intelligence artificielle. Les journalistes asiatiques semblent l’intégrer plus rapidement dans leurs méthodes de travail, notamment pour la recherche d’informations et l’aide à la rédaction. En Europe, son utilisation demeure plus prudente et se concentre principalement sur la transcription, la veille et l’analyse de tendances.
Une conclusion s’impose : les stratégies de communication uniformes ont atteint leurs limites. Les acteurs internationaux doivent désormais conjuguer cohérence globale et adaptation aux spécificités locales.
À l’heure où l’intelligence artificielle transforme les usages de l’information et où les canaux de communication se multiplient, les relations médias ne peuvent plus être considérées comme une simple fonction support. Elles sont devenues un levier central de réputation, de visibilité et de différenciation. Comprendre les attentes et la perception des journalistes n’est plus seulement utile : c’est devenu un impératif stratégique.
N’hésitez pas à nous contacter pour accéder au CDR MediaScan et échanger avec nos experts sur les implications de ces évolutions.
Kristell le Nadan, Directrice
E-mail : Kristell.LeNadan@cdrgrayling.com
Yoann Besse, Managing Director
E-mail : Yoann.Besse@cdrgrayling.com